Chambre de commerce francophone de Saint-Boniface

L’achat local ... c’est vital!

150 ans d’entreprises francophones au Manitoba

Pour célébrer le 150e anniversaire du Canada, la Chambre de commerce francophone de Saint-Boniface met en vedette une entreprise par mois pour 9 mois. Ci-dessous, veuillez lire les profils des entreprises dévoilées à date.

En juin, La Liberté publiera un cahier spécial qui sera distribué à plus de 6 000 foyers dans lequel paraîtront les profils des 9 entreprises mises en vedette cette année. Le cahier spécial sera aussi distribué à notre dîner-rencontre « En blanc et rouge » qui aura lieu le 21 juin 2017. 

Mai

AFM Plomberie et chauffage : une réponse à tous vos problèmes de plomberie

Dans la famille de Daniel Boissonneault, on est électricien de père en fils. Son grand-père, son père, ses oncles, ses cousins… Tous sauf lui! « Quand j’ai décidé d’apprendre un métier, je trouvais qu’il y avait trop d’électriciens dans la famille. Je suis parti dans une autre direction et j’ai choisi la plomberie. »

Lorsqu’il faisait son apprentissage dans les années 1990, il était toujours le dernier embauché et le premier parti quand les projets se terminaient. « À ce moment, j’ai décidé que si je devais me fier à quelqu’un, j’allais me fier à moi-même. En 1995, j’ai donc créé mon entreprise de plomberie, AFM Plomberie et chauffage. Un an après, j’ai commencé à embaucher des employés. »

En 1998, Mona Dupuis, sa compagne, est venue lui prêter main forte. « Je voyais que Daniel n’avait plus le temps de répondre aux besoins administratifs. Quand les enfants étaient jeunes, j’étais au bureau une journée par semaine. L’entreprise a continué à grandir, et en 2001, nous avons atteint une douzaine d’employés, alors je suis passée à temps plein. »

Plus récemment, c’est leur fils Miguel qui a rejoint AFM Plomberie et chauffage. Daniel Boissonneault en est fier. « Il a essayé plusieurs métiers. Puis un jour, il a décidé qu’il voulait apprendre la plomberie plus sérieusement. Il a fait ses choix, on ne l’a jamais poussé. Cela dit, on est content. »

Daniel Boissonneault et Mona Dupuis aiment leur entreprise, même si elle leur a demandé des sacrifices. « C’est un bon métier, mais ça a un prix. On a eu des appels en plein milieu des repas familiaux ou dans la nuit. Il y a des choses que j’ai manqué pour répondre à des urgences. Notre fils l’a vu et l’a vécu, il a toujours fait partie de cette entreprise. » « C’est ça être entrepreneur », ajoute Mona Dupuis.

L’entreprise offre des services résidentiels et commerciaux à Winnipeg et dans les proximités, en français et en anglais. « Baignoires, éviers, robinets, égouts bouchés, pompes… nous faisons n’importe quel genre de plomberie. Nous nous occupons aussi des fournaises, des chaudières à vapeur ou des chauffages à gaz. Du côté commercial, nous proposons des services d’entretien et de contrôle. »

Avec ses années d’expérience, Daniel Boissonneault est considéré comme un expert en dépannage. « Les gens m’appellent quand ils ont des problèmes que personne ne peut résoudre. Au fil du temps, je me suis fait un réseau de personnes qui s’y connaissent dans d’autres domaines, et je peux me servir de leur expérience. Cette faculté de résoudre tous les problèmes, ça donne confiance aux clients, et c’est le fun d’avoir des gens sur qui on peut se fier. »

Quand il est confronté à un problème qu’il n’est pas en mesure de régler lui-même, Daniel Boissonneault met ses clients en contact avec un professionnel spécialisé. « Quand on m’appelle, je ne sais jamais quel est le problème avant de le voir. Si je ne peux pas faire ce qui a besoin d’être fait, j’ai des relations que je peux avoir immédiatement sur le chantier. Je peux aussi fournir des numéros à contacter pour que le client ne se sente pas seul. J’offre de l’aide, je prends le temps d’expliquer ce qui se passe pour qu’ils comprennent la situation exacte. Les clients sont très reconnaissants. »

Le travail de Mona Dupuis et Daniel Boissonneault ne s’arrête pas à leur entreprise. Alors que Daniel Boissonneault siège au CA de Francofonds, Mona Dupuis est la présidente de la Chambre de commerce francophone de Saint-Boniface. « Nous sommes aussi membres de la Brigade de la Rivière Rouge. De plus, notre entreprise a contribué auprès de l’association Habitat Chez Soi. Nos employés ont installé la plomberie dans quatre maisons neuves à Saint-Boniface, pour des familles à faible revenu. »

 

Avril

Depuis 25 ans, Diamond Gallery célèbre l’amour

 

Lorsqu’Allan Malbranck et son épouse Anita (née Vermette) ont ouvert leur bijouterie en 1992, ils ont laissé leur fille Lisa la nommer. Elle a choisi Diamond Gallery. À 13 ans, elle travaillait dans la boutique les samedis. Aujourd’hui, Lisa est copropriétaire et représente la troisième génération de bijoutiers de la famille Malbranck.

Né de parents belges, Al, le grand-père de Lisa, a ouvert sa boutique à Saint-Boniface dans les années 1950, Al’s Jewellers, établissant ainsi le nom Malbranck dans l’industrie du bijou au Manitoba. « Quand il était jeune, mon père, Allan, travaillait dans la bijouterie familiale avec ses parents, ses frères, ses sœurs et ses cousins. Tout le monde était impliqué, et chacun avait sa vision de la direction à prendre. Mon père a donc préféré ouvrir sa propre entreprise. Il s’est installé dans le quartier de Corydon pour avoir une clientèle différente et ne pas faire de concurrence. »

Le magasin spécialisé met l’accent sur une bijouterie fine en pierre précieuse, en or ou en platine. « Ce n’est pas le magasin du coin où on vient tous les jours. Nos clients cherchent des bijoux pour une occasion spéciale, comme un mariage, un anniversaire, une fête. Il y a toujours un attachement émotionnel. C’est pourquoi nous travaillons directement avec le client pour comprendre ce qu’il veut. Nous offrons une expérience unique et personnelle. »

La boutique, qui célèbre ses 25 ans cette année, a résisté à l’arrivée de l’Internet. « Comme entrepreneur, il faut s’adapter. On vit dans un temps où les gens pensent que c’est plus simple et moins cher d’acheter en ligne. Nous devons donc être compétitifs en ligne et adresser ce qui fait notre différence. De nos jours, la plupart des choses qu’on achète sont fabriquées en série. Les gens qui choisissent de faire affaire avec nous sont des gens qui apprécient la qualité, qui recherchent quelque chose d’unique, et qui veulent connaître l’origine des produits. Nous offrons aussi notre expertise, un service après-vente et un service de réparation. »

Pour donner le meilleur service possible à leurs clients, Lisa et Allan Malbrank ont suivi une formation de gemmologie et obtenu un diplôme du Gemological Institute Of America. « On s’est porté volontaire pour apprendre et améliorer l’éthique dans l’industrie, car il n’y a pas de régulations. Cette initiative n’est pas le cas dans tous les magasins. C’est pourquoi nous nous voyons comme des spécialistes. »

Diamond Gallery se distingue par la qualification de ses propriétaires, mais aussi par leur expérience. « J’ai pris la décision de vouloir devenir copropriétaire au début des années 2000, mais j’ai poursuivi d’autres études avant de m’engager. C’est également le cas pour ma mère. Nous sommes des personnes différentes et très terre-à-terre. Nous espérons qu’en venant nous rencontrer, les clients se sentent à l’aise. C’est le plus important. De plus, ma mère et moi sommes deux femmes entrepreneuses dans une industrie où la majorité de la clientèle est féminine. Qui pourrait mieux comprendre les besoins d’une femme? »

Maman de deux enfants, Lisa Malbrank divise son temps entre sa famille, la boutique, et ses engagements communautaires. « C’est important de bien gérer tous les rôles. On a des intérêts en dehors du magasin. Je suis très chanceuse, car mon mari et moi avons trouvé un système qui fonctionne. J’ai eu l’occasion de siéger au conseil d’administration de Francofonds, et ma mère siégeait à celui d’Entreprises Riel. Nous travaillons aussi en collaboration avec la Chambre de commerce de Winnipeg pour promouvoir l’achat local. »

Il y a trois ans, Diamond Gallery a approché les organisateurs du Festival du Voyageur avec une idée. « Je leur ai demandé s’ils avaient déjà pensé à faire une soirée pour les célibataires au festival. Nous avons une entreprise qui célèbre l’amour tous les jours, alors ça m’intéressait d’organiser quelque chose pour les gens qui cherchent l’amour à Winnipeg. Depuis, nous commanditons cet événement, qui est une place où les Winnipégois célibataires peuvent avoir une belle soirée et peut-être faire une connexion. Ça nous donne une façon de supporter le Festival. Mon grand-père maternel, Marcel Vermette, était batteur dans l’un des premiers groupes à jouer au Festival. Ça a beaucoup à voir avec notre culture, et c’est très important pour notre communauté. »

Mars

Les jumeaux qui murmuraient à l’oreille des poissons

 

Derrick et Lyndon Jameson ont toujours tout fait ensemble. Élèves à l’École Christine-Lespérance puis finissants du Collège Louis-Riel, les deux frères se sont passionnés très jeunes pour la biologie marine. Lyndon s’en souvient comme si c’était hier. « On avait 12 ou 13 ans. On est allé à l’aquarium de Vancouver en famille. On regardait les méduses quand on s’est regardé soudainement. On s’est dit : This is it! » Depuis ce temps, ils se sont consacrés à l’étude de la mer et de ses habitants.

Dès leur retour de la Colombie-Britannique, ils ont fait l’acquisition d’un aquarium. « Nous avons commencé à élever des lézards en même temps que des poissons, et nous fournissions les animaleries de Winnipeg, grâce à nos différentes couleurs. On a fait ça pendant trois ans. Certains magasins nous donnaient des bons d’achat en échange, et c’est comme ça qu’on améliorait notre aquarium. »

À leur sortie du secondaire, Derrick et Lyndon se sont inscrits à l’Université du Manitoba pour suivre des études d’écologie. « Nous avons rencontré une professeure avec laquelle nous avons pu faire de la recherche sur les organismes d’eau de mer à Terre-Neuve pendant deux étés. Grâce à elle, nous avions un degré en écologie, mais nous étions plus spécialisés que les autres. »

Les jumeaux riaient toujours lorsqu’ils évoquaient l’idée d’ouvrir un jour une animalerie spécialisée en poissons d’eau de mer. « On se disait qu’on le ferait à notre retraite. À ce moment-là, il y avait un magasin sur le chemin Henderson et un sur la rue Main qui monopolisaient le marché. Puis celui d’Henderson a fermé. Quand on était à l’école, on y avait travaillé pendant trois mois. Ils faisaient de l’entretien d’aquariums, et on a acquis beaucoup d’expérience. Lorsque le magasin a fermé, nous sommes allés voir les clients et leur avons proposé nos services. »

Les frères Jameson ont saisi l’occasion d’ouvrir une boutique spécialisée dans le sud de Winnipeg. « Quand on a trouvé ce local, c’était un cabinet de dentiste. Il y avait déjà la tuyauterie, ce qui nous a bien fait économiser. On a installé les aquariums, et notre grand frère a fait tous les supports. Le fait d’être jumeau, c’est bien quand on commence une entreprise, parce qu’on pense de la même façon. On travaille bien ensemble, on se complète. » À présent, le père de Derrick et Lyndon s’occupe de la comptabilité, et Jenn Jameson, l’une de leurs belles-sœurs également passionnée par la vie marine, est vendeuse dans la boutique.

Le magasin a rencontré du succès dès son ouverture, le 5 octobre 2014. « La première année, nous avons reçu l’aide du CDEM et suivi des formations pour apprendre à gérer une entreprise. Ils nous ont dirigés vers des bourses. » Leur héritage Métis a permis à Derrick et Lyndon d’obtenir une bourse de Louis Riel Capital Corporation, mais aussi de remporter la Vision Quest 2015. Ils ont aussi reçu de l’aide de Futurpreneur et de la Banque de développement du Canada.

Lors de leur participation à la Fosse au Lions en 2015, les jumeaux surnommés « Poséidon 1 et 2 » ou « the fish whisperers » par leurs clients se sont fait éliminer. « Quand nous avons envoyé le dossier de notre entreprise, les juges nous ont dit que le projet n’était pas viable. Or, nous avions déjà ouvert notre boutique! » Cette année, ils retentent l’aventure avec une meilleure expérience entrepreneuriale. « Nous voulons mettre notre nom et discuter avec les gens. Nous aimons partager notre passion. »

Derrick et Lyndon souhaitent avoir un magasin écologique et mettent tout en œuvre pour protéger l’environnement et éduquer les autres à la faune et la flore marine. « Le marché des collectionneurs d’aquarium n’aide pas la barrière de corail. Les poissons que nous vendons proviennent d’élevages. Ils ne sont pas en voie de disparition et viennent avec des coraux.  Maintenant, nous faisons des séminaires et des ateliers. C’est important, car quand on commence un aquarium, c’est tout un écosystème, et il y a beaucoup de questions. Dernièrement, nous avons commencé à nous rendre dans les écoles francophones pour démontrer aux enfants comment les poissons et les coraux se développent. Nous sommes fiers de promouvoir le fait que nous soyons francophones et Métis et aider la communauté qui nous a beaucoup appuyé. »

Février

À la poursuite de sa passion

Avec une mère comptable et un père entrepreneur, il était difficile pour Robert Tétrault d’échapper au monde des affaires. Aujourd’hui reconnu comme l’un des meilleurs gestionnaires de portefeuille du Canada, le fondateur du Groupe Financier Tétrault ne se destinait pourtant pas à une carrière dans la finance.

Jeune avocat chez MLT Aikins, Robert Tétrault regardait avec sa femme la vidéo de leur mariage lorsqu’il eut une révélation. Après avoir revu le discours de sa mère qui l’encourageait à suivre une carrière qui le passionnait, il se tourna vers son épouse et lui dit : « Je pense que je vais laisser ma carrière d’avocat. » Maintenant qu’il y repense, l’entrepreneur a toujours du mal à croire qu’il ait eu l’audace de tout abandonner. « Je travaillais chez MLT Aikins depuis trois ans, j’avais un bon salaire. Ma femme et moi venions d’avoir un bébé, et nous venions d’acheter une maison. Partir était une décision très difficile à prendre, car quand on démarre une entreprise, il n’y a rien qui rentre. »

Les débuts du Groupe Financier Tétrault n’ont pas été simples. « Au début, on n’a aucun client. C’est un cercle vicieux, parce que c’est difficile d’attirer des clients quand on n’en a pas. Il faut réussir à trouver une personne qui te fait confiance avec ses économies et ses placements. » Cependant, Robert Tétrault s’est accroché. « Donner des conseils et aider les gens, c’était mon fort. Je trouvais qu’il y avait un manque dans le monde des conseils financiers. Je me suis concentré sur un service de haute qualité en français. »

Après avoir installé son entreprise à la Banque Nationale, Robert Tétrault s’est approché des organismes francophones pour proposer ses services. « J’ai remarqué que peu de monde proposait ce que je faisais en français. Presque tous mes employés sont bilingues. Si quelqu’un veut faire affaires uniquement en français, c’est possible. On parle en français toute la journée au bureau, et j’en suis fier. »

Robert Tétrault, qui emploie sept experts financiers spécialisés dans différents domaines, se considère « chanceux d’avoir réussi dans cette industrie. J’ai une équipe de superstars et on fait souvent des résolutions de problèmes en équipe. » Originaire de La Broquerie, Robert Tétrault s’est entouré, entre autres, de Derrek Funk et de Francine Fournier, des amis d’enfance, de Cédric Paquin, qu’il a rencontré lors de ses études à l’Université de Saint-Boniface, et de son père, Claude Tétrault. « Mon père est un expert dans le monde des finances. Il avait son propre cabinet. Il était à la retraite, mais il est revenu travailler pour moi. C’est un bureau familial. On a du fun, il y a une bonne ambiance et on rencontre du succès. »

Nommé gestionnaire de portefeuille de l’année au Canada en 2015, Robert Tétrault s’est aussi fait une place dans le classement des 50 meilleurs gestionnaires canadiens pendant trois années consécutives et a reçu de nombreuses autres accolades. Au début de l’année 2017, il a été nommé vice-président de la Banque Nationale. « En sept ans, j’ai travaillé fort pour construire une entreprise prospère. Chaque année est meilleure que la précédente. J’ai beaucoup de clients, dont des clients institutionnels. Je veux accroître le Groupe Financier Tétrault, et nous sommes dans la bonne direction. »

Depuis quelques années, le financier franco-manitobain prodigue des conseils dans les médias. « Les médias anglophones me demandent souvent d’être leur expert. Par exemple, je vais régulièrement à Toronto pour être expert en studio sur Business News Network. Je passe aussi régulièrement en entrevue dans les médias locaux. On m’entend à la radio, on me voit dans les journaux et à la télévision. Ça bâtit ma marque, et les gens se disent qu’ils peuvent me faire confiance. »

Pour rendre à la communauté francophone qui l’a appuyé à ses débuts, Robert Tétrault s’implique énormément au sein des différents organismes du Manitoba. « J’ai été président de la Chambre de commerce francophone de Saint-Boniface pendant trois ans. Je siège à plusieurs conseils d’administration. Je commandite et j’appuie des activités comme le Festival du Voyageur, le Directorat de l’activité sportive. Je suis aussi très impliqué avec l’Université de Saint-Boniface, où j’enseigne. »

Papa de trois enfants avec un quatrième sur le point de naître, Robert Tétrault se dit « bon et efficace pour prendre les décisions, déléguer et planifier mon temps, tant au travail qu’à la maison. Ma femme est incroyable. Je consacre le matin et le souper à ma famille, et très souvent je reviens faire du travail en soirée. Je ne peux pas arrêter. Je vais probablement brûler un jour! »

Janvier

Le camping, une affaire de famille

En 1971, Gilbert Robert et son frère Rhéal partent faire du camping à l’occasion d’une réunion de famille. Tout se passe pour le mieux, jusqu’à ce qu’un gros coup de vent retourne leur autocaravane. À leur retour, ils cherchent à faire réparer leur véhicule mais ils ne trouvent personne. Ils décident alors d’effectuer les réparations nécessaires eux-mêmes. L’entreprise GNR Camping World était née.

 Kevin Betzold, directeur général de GNR Camping World, connait très bien l’histoire du commencement de son entreprise. « Au début, Gilbert et Rhéal ont ouvert une petite entreprise sur la rue Grandin. Ils ne faisaient que de la réparation. Deux ans plus tard, ils ont déménagé sur la route Dugald et se sont agrandis. À ce moment-là, GNR Camping World est devenu un concessionnaire. »

 Aujourd’hui, l’entreprise appartient à Kevin Betzold et à Jim Gorrie, qui sont tous les deux les époux des filles de Gilbert Robert. « J’ai pris la relève de Gilbert et suis devenu directeur général en 1999. Jim et moi avions une responsabilité lorsque nous avons pris l’entreprise en main. Nous avons commencé à acheter des parts de l’entreprise en 2005 et en possédons à présent la majorité. Dans l’ensemble, la transition a été simple. Notre objectif commun est de continuer à faire évoluer l’entreprise familiale. »

 En 46 ans d’existence, GNR Camping World a fondé sa réputation sur la qualité de ses services. « Nous offrons beaucoup plus de services que des concessionnaires concurrents de même taille. Pour nous, le service a toujours été essentiel, donc nous continuons à mettre l’emphase sur cela. »

 En effet, l’entreprise d’autocaravane a toujours compris l’importance du service au client. C’est, après tout, la saison qui a mené à sa création. « Les clients savent que s’ils achètent chez nous, tous les problèmes qu’ils pourront avoir avec le véhicule seront réglés. C’est une grande partie de notre attrait. »

 L’autre point important pour GNR Camping World est la formation de ses employés. « Nous essayons d’avoir les meilleurs employés de notre industrie. Certains sont là depuis 20 ans, 30 ans, et même 40 ans. »

Lorsqu’il a pris la direction de l’entreprise, Kevin Betzold a souhaité effectuer des changements dans le fonctionnement de celle-ci. « Quand j’ai commencé à travailler chez GNR, Gilbert Robert m’a demandé de travailler dans tous les départements : technicien, vendeur, etc. J’ai voulu changer le système pour rendre chaque département plus efficace et augmenter nos standards. Cela a été difficile pour les employés les plus anciens, mais ils ont compris que c’était dans l’intérêt de l’entreprise. »

 En achetant chez GNR, le client trouvera très probablement toutes les dernières nouveautés pour faire du camping. «  Nous essayons d’évoluer avec le marché avant d’être forcés à le faire, d’être à la mode avant son arrivée. L’inventaire, c’est comme un jeu de hasard. On prend des chances, on dépense ce qu’on peut perdre. Cependant, le marché des entreprises et celui du camping changent énormément, et c’est difficile de prévoir l’avenir. »

 L’entreprise GNR Camping World fait partie du groupe RV Care, ce qui lui permet d’obtenir les meilleurs prix sur les pièces des véhicules. Ce réseau de plus de 70 concessionnaires offre également une assistance aux autocaravanes dans tout le Canada. « Si nos clients sont en panne, ils peuvent faire réparer leur véhicule chez n’importe quel concessionnaire du réseau. »

 Le groupe RV Care est lui-même associé au réseau américain Priority RV Network, qui offre une assistance dans 161 centres aux États-Unis. « C’est une garantie supplémentaire pour nos clients d’avoir une assistance partout en Amérique du Nord. »

 Bien implantée dans la communauté, GNR Camping World n’hésite pas à prêter main forte et à s’impliquer pour rendre service. « Nous assistons au Festival du Voyageur. Nous aidons les écoles de la DSFM qui nous demandent des prix pour des prélèvements de fonds. Nous avons des roulottes faites pour des évènements spéciaux. Si une entreprise à but non lucratif les utilise, nous ne les facturons pas. »

 Gilbert Robert a siégé au conseil d’administration de l’entreprise Riel et fait maintenant des prélèvements de fonds pour Saint Thomas Foundation. Kevin Betzold, lui, a siégé au conseil d’administration de Caisse Groupe Financier et préside aujourd’hui le Boys and Girls’ Club of Winnipeg et l’organisme RVDA Manitoba. « On ne peut pas juste prendre de la communauté. Nous en faisons partie, donc c’est important de donner si on peut. »

 

Décembre

La Caisse, une grande famille francophone

Diane Bilodeau a obtenu son premier emploi en 1989 chez Caisse Groupe Financier. Quand elle est partie, elle n’a pas pu oublier les valeurs de l’organisme. C’est pourquoi elle y est revenue en 2010 et occupe aujourd’hui le poste de vice-présidente marketing et stratégie. « Caisse Groupe Financier est un endroit accueillant, avec des valeurs communautaires et des liens familiaux. C’est ce qui m’a donné envie de revenir. »

Joël Rondeau, le directeur général, acquiesce. « Je suis arrivé en 1998, et je connais beaucoup d’employés qui sont là depuis au moins 25 ans. Nous en avons même certains qui ont passé 40 ans chez nous! »

Le groupe financier, qui fêtera son 80e anniversaire en 2017, a bien grandi depuis sa création à Saint-Malo. « En ce temps là, les services financiers des Caisses rurales se tenaient dans les sous-sols de l’église ou les cuisines du presbytère, car les prêtres furent responsables de la mise en œuvre des Caisses dans les communautés, raconte Diane Bilodeau. En raison de l’économie difficile, les habitants avaient besoin de se supporter. Beaucoup auraient perdu leur ferme si la Caisse n’avait pas été mise sur pieds. »

Plusieurs communautés ont instauré des modèles similaires de coopératives financières et ont rapidement réalisé les avantages de s’allier les unes aux autres. « À travers de notre histoire, il y a eu 50 Caisses différentes. Avec l’évolution du temps, elles ont compris qu’elles seraient plus fortes ensembles. Les caisses les plus proches géographiquement ont fusionné progressivement jusqu’à ce qu’il n’en reste qu’une au Manitoba. »

Aujourd’hui, Caisse Groupe Financier compte trois centres urbains et 24 centres ruraux, répartis dans des villages à base francophone. Joël Rondeau explique que la Caisse est « un employeur important de la communauté, et un des seuls qui travaille en français. Nous avons été créés par les francophones, pour les francophones. Il est donc important de continuer à gérer la coopérative en français, pour respecter notre histoire et nos origines. » À cela, Diane Bilodeau ajoute cependant que les services offerts aux membres sont maintenant bilingues. « Le bilinguisme fait partie de l’évolution. Nous nous sommes adaptés, car les villages francophones deviennent de plus en plus bilingues et nous devons servir tous nos membres. »

Afin de garantir la représentation de toutes les régions de la province dans la gouvernance, la coopérative financière s’assure que les membres élus soient originaires de chaque communauté. « Nous essayons de maintenir le lien avec les différentes communautés, précise Diane Bilodeau. Nous voulons vraiment prendre en compte le contexte de chaque région. »

Placée au cœur de la communauté, la Caisse présente selon la vice-présidente un aspect plus humain que les banques. « Nos membres détiennent toutes les parts de la Caisse. Ils sont placés au centre de nos préoccupations et sont notre priorité. Leurs besoins sont la raison d’être de la Caisse. »

Le groupe financier appuie également des centaines de projets chaque année. « Nous avons un programme de dons et commandites qui soutient des projets communautaires. Nous avons un fonds vert depuis trois ans, qui encourage nos membres à être plus écologiques. Nous visons aussi l’éducation financière des jeunes et avons mis en place le programme Ma petite Caisse pour les plus petits. Nous offrons aussi des programmes d’éducation financière dans les écoles pour les élèves de l’élémentaire et du secondaire. »

Pour la suite, Caisse Groupe Financier place son énergie sur l’amélioration de l’offre des services technologiques. « Nous sommes dans la révolution technologique, indique Diane Bilodeau. Les services financiers ont beaucoup changé pour cette raison au cours des dix dernières années. Nous devons nous préparer à la nouvelle génération qui utilise les tablettes et les téléphones. »

 

Novembre

Un salon au service des autres

Au début du XXe siècle, le charpentier Antoine Desjardins s’installe à Winnipeg avec son fils, Charles. Originaires de Montréal, les Desjardins s’établissent à Saint-Boniface, sur le boulevard Provencher. À cette époque, on demande aux charpentiers de construire les cercueils, et Antoine propose ses services. C’est ainsi que commence l’histoire du Salon mortuaire Desjardins.

Depuis plus de 20 ans, Lynette Lafrenière Buchanan, la directrice funéraire, travaille fort pour conserver l’image de marque du salon centenaire. « J’ai commencé à travailler chez Desjardins, et je n’en suis jamais partie. J’ai toujours aimé aider les autres. Être capable de les assister dans des temps si pénibles de leur vie me donne du réconfort à moi aussi. »

Seule employée francophone du salon, Lynette Lafrenière Buchanan est régulièrement prise pour la petite fille de Laurent Desjardins, descendant d’Antoine et de Charles. « C’est drôle, parce que M. Desjardins était très grand, et comme je suis grande aussi, on me demande souvent si je suis sa petite fille. Ça me fait chaud au cœur qu’on pense que je suis de la famille. » Au décès de Laurent Desjardins, le salon funéraire a eu l’honneur d’organiser les funérailles. L’entreprise s’est aussi occupée de préparer les funérailles d’autres membres de la famille Desjardins au fil des années.

Racheté en 1984 par l’entreprise Arbor Memorial, originaire de l’Ontario, le Salon mortuaire Desjardins est parvenu à conserver son atmosphère de « petit salon » et son attachement à la communauté manitobaine. « Lorsque les familles arrivent dans notre foyer, elles se sentent chez elles. Tous les employés du salon font du bénévolat dans la communauté. Certains sont bénévoles chez Mothers Against Drunk Driving (MADD), d’autres dans les garderies ou dans les écoles. Je suis bénévole avec Palliative Care Manitoba depuis plus de 15 ans. »

Cette visibilité des employés dans la communauté est importante, car dans les moments difficiles qui entourent un décès, il est important de retrouver des visages familiers. « La clientèle vient nous voir dans des moments de désespoir. Nous voulons qu’ils nous fassent confiance pour nous occuper des arrangements. Quand ils reconnaissent les visages des membres du personnel, ils sont plus à l’aise avec nous. »

L’entreprise Arbor Memorial s’assure que la partie francophone de ses salons reste présente. « La communication entre Arbor Memorial et ses salons funéraires se fait en français et en anglais, car ils ont aussi des employés francophones au Manitoba et au Québec. Ils tiennent compte du bilinguisme du Canada et font l’effort pour que le français reste présent dans leurs salons. »

Cet effort linguistique est récompensé, comme le prouve la clientèle du salon mortuaire. « Nous desservons les communautés religieuses francophones, et nous avons des familles de toutes origines, anglophones et francophones. Bien que la plupart de nos employés soient anglophones, ils sont polyvalents et savent comment fonctionne un service en français. Nous pouvons donc proposer un service tout en français ou un service bilingue en plus des services anglophones, selon les demandes des familles. »

Le salon reçoit notamment une demande très importante de services en français dans les communautés rurales. « Nous travaillons beaucoup en français dans les communautés comme Sainte-Agathe, Sainte-Anne, Saint-Pierre ou encore Lorette. Nos services sont aussi demandés dans les communautés francophones de la Saskatchewan et de l’Ontario. »

L’entreprise Desjardins a fêté ses 100 ans en 2006. Une longévité due à la qualité de ses services, mais aussi au travail de son personnel et au soutien de la communauté. « Les gens sont contents des services qu’ils reçoivent et nous faisons en sorte de toujours les améliorer en s’adaptant à ce que veut la société d’aujourd’hui. Nous nous sentons récompensés pour nos efforts quand nous organisons un évènement pour une centaine de personnes, et que vingt ou trente d’entre elles viennent nous dire bonjour et nous féliciter pour le bon travail qu’on a fait à l’occasion d’un évènement antérieur. »

 

Octobre

Monuments Brunet : une histoire qui se perpétue

Depuis sa plus tendre enfance, Charles Brunet a admiré son père travailler dans l’entreprise familiale. Passionné par l’art de la sculpture, il n’a jamais imaginé faire autre chose de sa vie. C’est donc tout naturellement qu’il a pris la succession de l’entreprise Monuments Brunet, où il travaille à présent avec son épouse Gisèle et son fils Benoît.

Fondée par Joseph Olivier Brunet, le grand-oncle de Charles, l’entreprise Monuments Brunet a célébré 100 ans d’existence en 2010. Charles Brunet, qui représente la troisième génération de la famille Brunet à la tête de l’entreprise, n’en revient toujours pas. « 100 ans dans la même famille, c’est incroyable, dit-il, ému. En business, c’est déjà formidable de durer un an. Je pense que mon grand-oncle serait fier de voir la continuité de son entreprise. »

Arrivé du Québec au début des années 1900 pour construire des églises, Joseph Olivier Brunet a contribué à la construction, entre autres, de l’église d’Aubigny et du Collège universitaire de Saint-Boniface. « Entre les projets, il sculptait et vendait des mémoriaux pour mieux gagner sa vie, raconte Charles Brunet. Puis il a ouvert le magasin. Ensuite, ses frères sont venus le rejoindre et se sont établis à Saint-Boniface. »

Par la suite, Pierre Brunet, l’un des neveux de Joseph Olivier, s’est pris de passion pour l’ouvrage de son oncle. « Mon père a commencé à travailler au magasin après l’école, puis comme apprenti et enfin comme employé, précise Charles. Il a acheté le magasin dans les années 1950 et me l’a vendu en 1990.

La transition de l’entreprise familiale de père en fils emplit Charles Brunet de fierté. « Reprendre le magasin, c’est quelque chose de très spécial. J’ai toujours respecté mon père, et j’ai toujours travaillé avec l’idée de lui succéder à la direction de l’entreprise. J’étais plein d’idées et de projets », explique Charles.

Après plus de 40 ans dans le métier, Charles Brunet continuer à appliquer le savoir-faire familial à ses créations. « Mon père m’a toujours dit de faire le travail comme si c’était pour ma mère. En prenant soin des détails, le reste prendra soin de lui-même. » Ainsi, pour chacune de ses œuvres, que ce soit des sculptures, des gravures ou des monuments, Charles Brunet met sa touche personnelle, qui fait toute la différence. « J’embauche des artistes, souligne-t-il. Nos monuments sont faits avec amour et passion, et ça se voit. Quand on dessine une fleur, on veut pouvoir la sentir. Nos monuments ne marquent pas une fin, ils célèbrent une vie. »

De son père, Charles Brunet a aussi appris la clé du succès en affaires : l’honnêteté. Grâce à cela, il assure la fidélité de ses clients. « Nous avons nos clients, des troisièmes ou quatrièmes générations de familles francophones. Ils sont satisfaits de notre travail et veulent continuer à faire affaire avec nous, » remarque l’artiste.

Cependant, l’économie et l’ouverture du marché ont poussé Charles Brunet à diversifier son entreprise. « J’ai une niche d’art, indique-t-il. Je vends et pose des bronzes. J’ai fait un pied d’escale en granite pour l’Université du Manitoba et je viens de restaurer le monument Chevtchenko au Palais Législatif. Je fais aussi des gravures sur place. J’ai fait toutes les gravures à La Fourche et plusieurs autres à Winnipeg. Pour tout projet grand et compliqué, les architectes me contactent. »

Pour ce qui est du futur de son entreprise, Charles Brunet l’aborde avec sérénité. Son fils, Benoît, représente la quatrième génération chez Monuments Brunet. « Si Benoît souhaite récupérer l’entreprise, ce sera une transition facile, parce qu’il y travaille depuis qu’il a 16 ans. Mais dans ma famille, nous n’avons jamais forcé nos enfants à s’impliquer dans la compagnie », souligne le chef d’entreprise. La famille Brunet a simplement la chance d’être animée par une passion qui se transmet de génération en génération.

 

Septembre

La construction en héritage

Lorsqu’il arrive au Manitoba en 1907, Théodore Bockstael travaille comme charpentier pour diverses compagnies avant de lancer sa propre entreprise en 1912. Plus d’un siècle plus tard, son nom est associé à une multitude d’édifices à Winnipeg, au Manitoba et dans les provinces alentour.

Aujourd’hui, John Bockstael, petit fils de Théodore, et ses deux fils, Dan et Nick, sont à la tête de l’entreprise familiale centenaire. Prendre la direction de l’entreprise Bockstael n’était pas une évidence pour John. Enfant, il jouait sur les chantiers de construction de son père, Robert, mais il ne s’imaginait pas fait pour l’ingénierie. Il l’a tout de même étudiée à l’université, puis il a rejoint ses frères Larry et David dans l’entreprise en 1985. « Après un an de travail, j’ai réalisé que j’étais là où je devais être », affirme John. À eux trois, les frères Bockstael ont agrandi l’entreprise en prenant des projets de plus en plus importants.

Fiers de l’histoire de leur entreprise, John, Dan et Nick ne se reposent cependant pas sur leurs acquis. John Bockstael se considère le gardien de ce qu’ont bâti son grand-père, son père et ses frères. « Ils m’ont confié l’entreprise, il faut que j’en prenne soin. Je veux simplement faire de mon mieux pendant mon temps ici et continuer à améliorer et à développer notre entreprise. »

Dan et Nick ont également été impliqués dans l’entreprise très tôt. Chaque été, ils travaillaient dans les bureaux et sur les chantiers. Cependant, Dan ne s’est jamais senti contraint de prendre la succession : « Je me suis intéressé à l’ingénierie, puis l’aspect entrepreneurial m’a attiré, alors quand l’opportunité de travailler avec ma famille s’est présentée, je suis venu à Bockstael avec l’intention de devenir partenaire. »

À ses débuts, l’entreprise misait sur ses relations aux clients, pour les fidéliser. Cependant, au cours des 30 dernières années, Bockstael a concentré ses efforts sur la croissance. « Nous voulons rester sur le devant de la scène pour demeurer un acteur clé du milieu de la construction », assure Dan.

Bockstael s’appuie aussi sur les ressources humaines. Il y a trois ans, l’entreprise a ajouté un nouveau partenaire, Carmine Militano. Premier partenaire non familial, il a introduit de nouvelles pratiques, présenté des ressources et a fait preuve d’engagement et de dévouement à l’égard de l’entreprise. John ajoute : « Carmine donne vigueur et haleine à notre compagnie avec ses efforts. »

Bockstael est une entreprise qui connait une forte croissance mais qui n’oublie pas ses racines pour autant. Au cours des années, Bockstael a d’ailleurs construit bon nombre de bâtiments au cœur de la communauté francophone du Manitoba, tels que le siège de Caisse Groupe Financier, le Pavillon Marcel A » Desautels de l’Université de Saint-Boniface ou encore l’Hôpital Saint-Boniface. Un des premiers chantiers de Théodore Bockstael a même été la rénovation de la Cathédrale de Saint-Boniface. « Nous sommes une compagnie de Winnipeg, nous voulons supporter notre communauté car l’une des fibres de notre entreprise est de redonner à ceux qui nous supportent, souligne John Bockstael. Nous avons une responsabilité sociale et nous nous intégrons à la communauté quand les opportunités se présentent. »